Les gestes du tirage

Qui tire les cartes, le tarologue ou le consultant ? De quelle main ? Comment être certain de ce qu’on fait, quelle est la méthode « correcte » ? Ces questions de règles reviennent souvent. Petit tour des possibles pour avoir les bons gestes dans un tirage, tout en gardant à l’esprit qu’au final, ce ne sont que des outils de lecture.

D’abord, ne cherchons pas « la » méthode authentique parce qu’elle n’existe pas. Tout ce que l’on fait en Tarot est de l’ordre de la construction, mais c’est une construction faite pour nous aider à obtenir plus de clarté. Il vaudra donc mieux s’attacher à toujours aller dans ce sens-là : plus une méthode rend le tirage clair, meilleure elle est.

N’oublions pas non plus que quoi qu’il arrive les cartes sortent au hasard. L’intérêt du Tarot, c’est qu’il nous montre autre chose que ce que l’on savait déjà ; le simple fait de ne pas choisir les cartes est déjà une garantie de découvertes. Tirer de la main droite ou de la main gauche ne changeant rien aux probabilités, il ne peut donc y avoir de « règle » sans laquelle tout le tirage serait faux et non avenu. Par contre, il se trouve que certains gestes aident parce qu’ils sont plus clairs que d’autres. Le choix se fera donc en fonction de ce qui nous aide le plus, personnellement.

 

1/ Choisir son tirage

On peut préférer un type de tirage à un autre, mais rien n’empêche d’adapter son tirage à la question posée à ce moment-là.

Un tirage est une collection d’emplacements. Par exemple : Passé | Présent | Futur. Ou encore : Ce dont j’ai besoin | Mon obstacle | Ce que je peux attendre | Attitude qui m’aidera au mieux. Ou quoi que ce soit d’autre qui nous permettra de mieux analyser la question. Définir les emplacements d’un tirage, c’est décomposer cette question en autant de sous-parties que l’on veut, de manière à l’éclairer par différents angles. Faire ce travail de décomposition, c’est précisément analyser la question : cela permet déjà d’y voir plus clair. Voilà pourquoi on construit des tirages.

Les emplacements sont disposés dans l’espace de la manière la plus logique possible. En français, on écrit de gauche à droite ; on placera donc naturellement le passé du côté gauche et l’avenir du côté droit, car cela permet juste de s’en rappeler sans effort de mémoire. De même, placer en travers la carte représentant l’obstacle est juste une façon naturelle de le mettre en scène. Pour répondre à un dilemme, on pourra construire un tirage en deux parties, d’un côté le premier élément et de l’autre le second. Il s’agira toujours de poser les cartes là où on se rappellera du sens de l’emplacement le plus simplement possible, simplement pour ne pas l’oublier au moment d’interpréter les cartes (il est malvenu d’interpréter la carte de l’emplacement « Passé » en parlant au futur).

 

qui tire les cartes

2/ Sélectionner les cartes

Lorsqu’on est deux, qui tire les cartes, celui qui pose la question (consultant) ou celui qui lit les cartes ? La réponse est : celui qui veut, tant que quelque chose montre bien que le tirage appartient au consultant. C’est pour cette raison que le consultant touche en général au moins une fois le paquet : cela lui permet de s’approprier symboliquement le tirage à venir. Il est ainsi plus impliqué et plus ouvert face à des cartes qui ne lui donnent pas l’impression d’être maîtrisées par le lecteur. Là encore, ce n’est pas une règle, c’est une aide.

Pour tirer les cartes, on peut soit faire couper le jeu et prendre les cartes à partir du dessus, soit les étaler en éventail et demander au consultant de sélectionner celles qui l’ « attirent ». On les pose alors une à une aux emplacements décidés. La première possibilité prend moins de place, la seconde est plus intuitive et jolie, et permet de compenser un mélange hâtif en ajoutant un facteur de hasard supplémentaire. Il faut juste faire attention à toujours poser les cartes avec le même geste, dans le même sens, si l’on a décidé d’utiliser le jeu mélangé à l’endroit et à l’envers.

 

3/ Poser les cartes

tirage tarot étoileOn peut poser les cartes face cachée ou visible. Les poser face visible permet de couper court à tout effet de mystère. Le mystère peut être angoissant, et le fait d’avoir sélectionné les cartes sans les voir est déjà suffisamment pesant pour qui n’a pas trop l’habitude. On peut aussi les poser face cachée pour les découvrir une fois que le tirage est complet sur la table. A ce moment, il est plus simple de toutes les découvrir avant de lire plutôt que d’interpréter une par une : la vision d’ensemble facilite immensément l’interprétation, puisque voir les cartes finales permet d’avoir au moins une idée de ce vers quoi on se dirige.

 

Il n’y a pas de règle « authentique », parce que quand on y regarde bien, les gestes du tirage ne sont rien d’autre qu’une succession de « trucs » pour faciliter la lecture. Chacun devra déterminer ce qui lui convient le mieux en conscience et en sachant pourquoi, sans jamais se soumettre à une règle extérieure. Le système du Tarot est conçu pour en faire un outil de réflexion et de libération, la lecture personnelle ne peut donc que se mettre en place librement.

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