Débuter en Tarot, obstacles majeurs, fin

Pour conclure cette série d’articles sur les difficultés à éviter, en voilà une qui n’est pas des moindres : finir de s’approprier le système pour parler en son nom propre, sans se cacher derrière les mots de quelqu’un d’autre ou des arguments d’autorité. Cela demande du courage et de l’audace, mais ce saut est nécessaire pour que le jeu finisse de prendre vie entre nos mains.

(Article 1 ; Article 2)

3. Ne pas oser parler en son nom propre

fenestra tarot

Fenestra Tarot

Le Tarot est un outil de réflexion sur soi, dont la force vient de ce qu’il s’appuie sur un système étudiant « ce que c’est qu’être soi ». Son but est de nous libérer de tout ce qui peut nous soumettre. Pour le faire vraiment parler, il va donc falloir se libérer de toute pensée ne nous appartenant pas.

Il est normal de douter, mais le doute ne doit pas être un prétexte à faire passer les idées des autres avant les vôtres. Le prétexte, c’est que n’étant pas les vôtres, elles devraient automatiquement être « plus correctes ». C’est ce doute-là qui fait qu’un débutant peut avoir tendance à se plonger dans son cours ou dans les livres sans regarder les cartes. Derrière les fiches à apprendre par cœur, on sent l’idée qu’il y aurait une signification « authentique » de la carte, « validée » par l’autorité de celui qui a écrit le cours, et que cette authenticité devrait prévaloir sur ce qui vient à l’esprit devant le tirage ; c’est un piège.

Si on se nourrit du système pour être sûr de ne pas partir dans l’espace dans ces interprétations-là, on ne peut pas se contenter de l’appliquer sans s’y engager personnellement. Se cacher derrière un cours récité risque de donner des tirages creux, car on n’y est pas présent (or, si l’on veut aider un consultant, la première chose à faire est d’être vraiment présent). Surtout, nul cours ni livre n’a pu prévoir la situation particulière où vous vous trouvez, ni votre personne.

Si on fait l’effort de se faire une idée personnelle des cartes, il n’y a plus à craindre d' »avoir faux » : d’une part, on est tout de même guidé par un système traditionnel dont on ne peut abandonner l’appui ; de l’autre, cela donne des tirages qui coulent de source, parce qu’être personnellement impliqué dans l’argument permet de le justifier sans recours à des paroles vides.

C’est pour la même raison qu’il faut absolument éviter de s’imposer des règles sans les comprendre, sous prétexte que quelqu’un qui se présente comme « quelqu’un qui sait » a affirmé qu’elles étaient nécessaires. Si elles lui sont nécessaires à lui, c’est très bien ; mais il n’est pas vous. Certains aiment bien tirer de la main gauche parce que cela leur permet de se mettre dans un état d’esprit plus réceptif, plus intuitif ; d’autres s’en moquent complètement, leurs tirages ne sont pas moins justes.

Tous ces doutes sont normaux, et même sains. Si vous doutez de vos lectures, vous pouvez au moins être certain que vous ne ferez pas partie de ceux qui, par ego, essaient de soumettre leur consultant. La solution, c’est la pratique, dans laquelle on voit petit à petit les cartes prendre des facettes qui nous sont propres. Travailler en groupe permet de mettre les mains dedans dans une ambiance détendue, car ces problèmes ne résistent pas à la légèreté.

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